LA PAGE RURALE

LUAPULA : LE RETOUR DES ESPECES RARES


Plusieurs espèces de poissons ont disparu des eaux sombres de la Luapula depuis quelques décennies. Les pêcheurs les plus habiles ne les ont plus attrapées dans leurs filets depuis longtemps. Les appâts les plus délicieux, déposés au fond des gigantesques nasses, ne les ont plus attirées. Elles ont disparu. Tout simplement ; au grand désespoir de la population riveraine. Grâce à la politique écologique du Moïse KATUMBI, Gouverneur du Katanga, ces poissons délicieux refont surface. Parmi eux, on retrouve notamment les mpata, bongwe et mpifu. Ils exécutent à nouveau leur danse des nageoires, réalisent des parades spectaculaires sur la surface de l’eau et rivalisent dans la course athlétique au fond des eaux. Loin des caméras du Commandant Cousteau, ces poissons offrent un ballet invisible qui finit parfois dans un filet, au bout d’une ligne ou dans le ventre d’une nasse…pour faire le bonheur des humains. Le spectacle est inouï. La nature exalte à nouveau sa générosité. Le Mpifu de la Rivière Luapula Cette réapparition est consécutive au respect de l’interruption de la grande pêche de décembre à février de chaque année, pour permettre aux poissons de circuler librement et de se reproduire. Le train des mesures de protection de poissons a été d’abord accueilli péniblement par la population qui raffole de manger du poisson pendant toute l’année. Au fil du temps, cette même population s’en réjouit au vu des résultats bénéfiques. Désormais, les espèces de poissons qu’on croyait disséminées refont surface. C’est le grand retour. La population riveraine est témoin de la reconstitution de l’écosystème. Comme quoi, la discipline et la volonté politique sont motrices du changement. Les résultats encourageants de la politique de Moïse KATUMBI dans la gestion des eaux ne doivent toutefois pas nous bercer d’illusions. Le chemin à parcourir est encore long pour atteindre un niveau satisfaisant du repeuplement des espèces de poissons dans la Luapula et le Moero. Il faut maintenir le pied sur la pédale, lutter contre les récalcitrants et surtout combattre vigoureusement l’utilisation des filets prohibés qui ramassent tout à leur passage. Et ça, c’est la responsabilité de tous, c’est-à-dire agents de pêche, autorités politico-administratives, pêcheurs, populations zambienne et congolaise. La sensibilisation doit être permanente, intense, sans faux-fuyants. Il nous faut multiplier les stratégies de communication sur les deux rives de la Luapula et du Moero pour relever un tel défi en pensant non seulement au présent, mais aussi et surtout à l’avenir. La Luapula et le Moero seront davantage poissonneux si nous adoptons aujourd’hui un comportement responsable.  Mgr Fulgence louant la générosité de la Luapula  Par ailleurs, il est impératif de penser à pratiquer davantage la pisciculture. L’environnement dans la région s’y prête aisément. Selon des informations dignes de foi, la pisciculture fournirait, à ce jour, près de 40 % des poissons consommés à travers le monde. La pratique de la pisciculture chez nous peut réduire les dégâts de la pêche criminelle pratiquée par des clandestins en toutes saisons. Elle a l’avantage de nous fournir du poisson de toutes espèces, à chaque instant. Il nous faut la pratiquer absolument. Non pas seulement pour nous nourrir, mais aussi pour augmenter nos revenus. Merci à Dieu de nous avoir donné une nature si clémente et si généreuse.

Sébastien MWAPE

Diocèse de Kilwa-Kasenga

NORD-KATANGA ET LUALABA : IMPATIENCE DE VOIR LES 5 CHANTIERS

Si les cinq chantiers ne sont plus un simple slogan aux yeux de trois millions d’habitants de Lubumbashi, ils sont encore un rêve lointain, à quelques exceptions près, pour les Katangais du Lualaba et du Nord-Katanga. Les populations de ces parties du Katanga s’impatientent et tournent les yeux vers le gouvernement katangais. Là bas, toutes les routes ont perdu leurs visages. Les ponts hérités de l’époque coloniale sont fatigués et cèdent aux moindres intempéries. Le raz de bol est à son comble. Les plus jeunes des habitants du Nord et du Lualaba n’attendent qu’une occasion pour rejoindre le sud de la province et jouir, fût-ce par aventure, des fruits des Cinq chantiers que distillent les rares télévisions qui réussissent encore à émettre malgré la crise chez eux.

Il fallait commencer quelque part

L’impatience des compatriotes du Lualaba et du Nord-Katanga est compréhensible. Les autorités katangaises sont, je crois, les premières à en prendre conscience. Le Président de la République sans doute aussi. Lorsqu’on contemple les investissements à Kinshasa et au Bas – Congo, par exemple, il y a de quoi sourciller. Le Katanga, fief électoral du Père des Cinq chantiers, terre natale du bâtisseur Moïse Katumbi, et par surcroît pourvoyeuse de plus de 50% du budget de la RDC, le Katanga donc n’en a pas encore bénéficié autant, surtout dans le Lualaba et le Nord-Katanga. Il n’y a pas à se sentir aigri, pour deux raisons. Dans la logique politique congolaise, si on veut gagner la confiance de tous, la charité bien ordonnée ne commence pas par soi-même. Réalisme politique oblige. C’est faire erreur que de commencer à reconstruire ostensiblement chez soi. Kabila l’a compris et il sait qu’en cette période électorale l’erreur n’est pas permise. Il ne faut surtout pas donner raison aux chantres de la division du Congo en clivage Est-Ouest. D’autre part, il est logique que la réalisation d’une œuvre aussi grandiose qu’est la reconstruction du Katanga ait commencé quelque part. Il est impossible de tout faire au même moment, de la même manière et partout. Lubumbashi est le miroir du Katanga. La capitale du cuivre regorge de près de 3 millions d’habitants, pratiquement une démographie de tous nos villages réunis. De plus, les engins de la reconstruction atterrissent d’abord à Lubumbashi avant d’être déployés ailleurs. Il est donc logique, du point de vue politique et au nom du bon sens, que la reconstruction du Katanga commence par la partie septentrionale. Il y a encore beaucoup à faire partout. Un rectificatif s’impose toutefois : Kamina, Kalemie, Kolwezi, Sandoa, etc. sont déjà touchés. C’est un signe que la reconstruction n’épargnera aucun territoire du Katanga. En outre, la progression des travaux de la reconstruction démontre que le Gouvernement katangais a un plan d’action pour implanter les Cinq chantiers dans toute la province. Signalons toutefois que, les réalisations du Gouvernement katangais auraient pu gagner rapidement le nord-Katanga et le Lualaba si Kinshasa rétrocédait réellement au Katanga ce que la Constitution prescrit, c’est-à-dire les 4O% des recettes ramassées dans notre province. Hélas jusqu’à présent, on ne nous rétrocède que des miettes qui ne suffisent même pas pour construire une route en terre battue. Ces miettes ne couvriraient que les salaires monumentaux de nos élus et quels besoins minimes de la province. Mais en attendant l’extension des œuvres de la reconstruction dans le Nord-Katanga et le Lualaba, il y a quelque chose d’important à signaler.

Ressortissants…la balle est aussi dans votre camp

En attendant l’expansion des Cinq chantiers dans les parties du Katanga qui s’impatientent et grognent parfois, une alternative salvifique est incontournable: les investissements des autochtones retranchés dans les villes du Congo et ailleurs au monde. Sans dédouaner le gouvernement katangais dans sa tâche de mettre les bouchées doubles pour multiplier les œuvres de la reconstruction dans le Nord-Katanga et le Lualaba, il sied de souligner la responsabilité des ressortissants de ces zones impatientes. Pas tous, évidemment, mais ceux disposant des moyens matériels et financiers. Il leur revient de précéder le gouvernement provincial en construisant des écoles, des hôpitaux, des marchés, des ponts, etc., dans leurs villages, territoires ou districts. A-t-on idée de ce que deviendraient certains coins du Nord-Katanga et du Lualaba si chaque ressortissant député ou homme d’affaires y construisait qui une maison, qui un centre de santé, qui un dispensaire, qui un hôpital, qui une école, qui un pont ? Le résultat serait fabuleux, fantastique et spectaculaire. Aux grandes œuvres le Gouvernement, aux œuvres modestes les originaires. Tout en soulignant l’urgence pour le Gouvernement de répandre les Cinq chantiers dans ces parties de la province, nous insistons que la balle est aussi dans le camp des originaires, surtout ceux d’entre eux qui rêvent de séduire l’électorat de la tribu. Les vaillants compatriotes du « Buluba i bukata », eux, affectionnent les congrès festifs -inutiles et coûteux comme celui tenu récemment à Kamina- au lieu du dur chemin de la reconstruction dans leurs villages rongés par la misère et le désespoir. Etrange, tout de même, pour une si grande composante de la population du Katanga.

Pour conclure…

La reconstruction du Katanga est une tâche complexe. Le Gouvernement katangais en fait son cheval de bataille. Il s’efforce de répandre ses œuvres sur toute l’étendue de la province. Face à l’impatience et la déception des populations du Nord-Katanga et du Lualaba, en attendant la réalisation des grands ouvrages par le Gouvernement, les autochtones de ces parties du Katanga doivent prendre leurs responsabilités en investissant dans les petites infrastructures. En cette année électorale, il faut qu’ils y pensent au lieu d’aller seulement chercher le vote ethnique.

Eric KAFITWE

Diocèse de Kongolo

PROBLEMATIQUE DE LA MECANISATION AGRICOLE EN R.D.CONGO


Avec ses 2.345.000 km2 de superficie, soit 235 millions d’hectares dont 227 millions des terres fermes et arables ; et fort de sa répartition pluviométrique à travers le pays, ainsi que son relief hydrographique (ses cours d’eau), soit 8 millions des terres submergées, la R.D.Congo regorge un potentiel agricole naturel sans précédent. Sa population n’a donc pas raison de souffrir de la sous-alimentation et de la malnutrition. Dans ce contexte, il sied de saluer le pari de la mécanisation agricole par l’octroi de tracteurs agricoles, lesquels sont accompagnés d’outils de travail, et dans une moindre mesure, d’intrants agricoles dans certains coins du pays. C’est une initiative louable, une première dans l’histoire de la R.D.Congo car, même à l’époque coloniale, l’usage des engins agricoles était l’apanage de seuls colons belges dans leurs exploitations agricoles. On ne les avait jamais vus chez les paysans. Quid de cette mécanisation agricole une année après ?

1- La mécanisation agricole, une saison culturale après

La mécanisation agricole est vulgairement définie comme l’action de mécaniser c’est-à-dire d’introduire l’emploi des machines agricoles (tracteurs agricoles) en vue d’augmenter la productivité agricole. Elle comporte néanmoins trois grands aspects, à savoir :

  • - L’aspect technique : il s’agit d’améliorer les méthodes de production à travers la vulgarisation des techniques culturales par le respect de différentes tailles (profondeurs) de labours ainsi que des écartements selon l’exigence « stricte » de chaque culture.
  • - L’aspect économique : il se manifeste par l’accroissement de la production grâce au strict respect de ces techniques culturales.
  • - L’aspect social : il suggère que la mécanisation agricole est faite par l’homme et pour l’homme, en vue d’augmenter les revenus des paysans (pouvoir d’achat, scolarisation, accès aux soins médicaux, etc.) mais aussi et surtout d’élever leur standing de vie.
  • De ce point de vue, il nous paraît indispensable que le recours à la mécanisation agricole exige impérativement que soient clairement définis les objectifs aussi bien à courts, à moyens qu’à longs termes. Cela doit être fait à tous les niveaux de son exécution, afin de mieux répondre aux trois aspects susmentionnés.

    =Mécanisation agricole en R.D.Congo :

    un cheval bien performant… mais mal parti Les travaux agricoles étant, en soi, dures et pénibles, l’introduction des machines agricoles (tracteurs agricoles) chez les paysans contribue déjà à libérer les cultivateurs des tâches agricoles les plus ardues – notamment la préparation du sol par les travaux de labour en un temps record, à moindre effort physique et en peu de temps. La mécanisation est donc une économie du temps et de l’énergie humaine. Ainsi donc, l’exécution rapide et impeccable des tâches agricoles les plus ardues permettra aussi aux paysans de se consacrer à beaucoup d’autres activités, au lieu d’être quotidiennement tenu à une marche à pieds (ou à vélo), munis de sa petite houe sur ses épaules (ou sur le porte-bagage de son vélo) durant 5 à 7 mois de la saison culturale- sans repos (hormis les jours dominicaux ou d’autres circonstances douloureuses du milieu)- et pour ne remblayer que moins de 50 m2 de terrain pendant toute la saison pluvieuse. La bonne performance de ce cheval performant -qu’est la mécanisation agricole- réside dans ce temps record d’exécution de tous les lourds travaux agricoles ; et dans l’augmentation en superficie du terrain remblayé (soit plus de 100 m2 en 1 jour-heure c’est-à-dire plus de 50 ares en une heure ; et donc 3 à 4 hectares entre 4 et 6 heures de travail). Outre cette bonne et rapide exécution de travaux agricoles, le tracteur agricole assure aussi le transport des intrants agricoles (semences, engrais et produits de récolte) jusqu’à la fourniture de l’électricité…Le tracteur agricole peut ainsi rendre de multiples services aux paysans.

    =Fort malheureusement, ce cheval semble être mal parti…

    En effet, les échos nous parvenant de partout à travers les coins et recoins de la R.D.Congo font état de la mal-partance, à plus de 80%, de ce cheval. En se fiant aux différents témoignages faits par les auditeurs de la Radio-Okapi dans son émission « Parole aux Auditeurs » sur l’utilisation de tracteurs agricoles sur toute l’étendue de la R.D.Congo, à travers ses 11 provinces administratives, il est triste d’apprendre que ces tracteurs agricoles servent, pour la plupart de nos provinces, à embellir le parking du charroi-automobile devant les bureaux et bâtiments administratifs. Il semble que la plupart de ces engins sont tout simplement stationnés, avec ou sans attelage (ou outils de travail), couverts de poussière. D’autres sont détournés de leur mission première. Ils servent à transporter de l’eau ou du matériel de construction au bénéfice de certains individus. Même ceux confiés aux Institutions religieuses ou ecclésiastiques n’ont, malheureusement, pas dérogé à cette règle. Le constat est amer.

    =A quoi serait alors dû cette mal-partance ?

    A notre humble avis, la responsabilité de cet échec nous paraît partagée. En effet, si l’autorité suprême de la nation congolaise a une vision nette et claire de la Reconstruction et de la Modernisation de ce pays, ainsi que de la lutte contre la pauvreté de cette population paysanne à travers la mécanisation agricole afin de juguler, tant soit peu, sa souffrance en lui assurant une autosubsistance alimentaire et une sécurité alimentaire, cette vision paraît mal assimilée ou tout simplement inexistante dans le chef de différentes institutions d’exécution- voire même dans le chef des derniers consommateurs qui sont les paysans eux-mêmes. A en croire les témoignages de beaucoup de personnes, les paysans continuent à réclamer la réfection de routes de desserte agricole et même l’acquisition de petites houes en méconnaissant même la bonne performance de la mécanisation agricole. Ils sont sceptiques. Ils disent produire toujours et leurs produits de récoltes agricoles pourrissent en brousse par manque de voies d’évacuation. En effet, produire oui. Mais sous quelle peine ? Quel effort physique déployé ? Quel sacrifice consenti et pendant combien de temps ? Et si ils produisaient réellement, comment expliquer la sous-alimentation et la malnutrition qui frappent tant de gens dans nos villages et dans nos villes ? A tort ou à raison, l’appréciation de la valeur d’une méthode ou d’une technique dépend de la connaissance ainsi que de l’usage qu’on en fait. Mais alors, et à l’instar de l’eunuque éthiopien qui rétorquait à Philippe, son prédicateur du message divin (Actes 8 :31), comment les paysans peuvent-ils connaître et comprendre la bonne performance de la mécanisation agricole, s’il n’y a personne pour la leur expliciter ? C’est donc ici qu’il faut situer la mal-partance du cheval, laquelle est liée au manque d’intégration de la population locale (ou population active) à la politique de la mécanisation agricole. Et, comme il s’agit bien d’une première grande initiative dans l’histoire de la R.D.Congo, tel qu’insinué ci-haut, la sensibilisation aux bienfaits de la mécanisation agricole, suivie de l’encadrement tous azimuts de la population paysanne restent extrêmement indispensables. Il faut simultanément résoudre certains problèmes qui se posent aux paysans avec acuité. Il s’agit, en priorité des problèmes d’ôter les souches sur les terrains agricoles dans certaines régions, de donner accès au crédit de semences agricoles et des engrais, ainsi que celui de l’assistance technique dans l’utilisation et l’entretien des engins. A ce propos, un regard rétrospectif sur l’organisation du domaine agricole durant la période coloniale aidera à mieux réajuster les tirs afin de mieux prendre- et pour de bon- le plus bel élan pour éviter, à la génération du cinquantenaire, l’échec trop criant consécutif à la distribution arbitraire des domaines agricoles et pastoraux aux personnes sans compétences et sans aucune vocation agricole ni pastorale lors de la fameuse zaïrianisation, de triste mémoire. Ce coup d’œil rapide dans le passé colonial sur l’organisation du domaine agricole permettra aussi de revoir les ambitions naturelles de la R.D.Congo, à même d’être revalorisées sans beaucoup de peines. Il est utile de privilégier la création des écoles et des institutions techniques agricoles, comme à l’époque où notre pays assurait une meilleure autosubsistance alimentaire à la population. L’émergence de ces écoles contribuerait aussi à la création d’emplois par la formation et l’instauration de moniteurs agricoles pour un meilleur encadrement de la population paysanne. De même que nous saluons le recrutement de 2000 magistrats dans le cadre de la réforme de la Justice congolaise, de même nous souhaitons que cela puisse aussi se réaliser dans le secteur agricole en recrutant tous les ingénieurs et techniciens agronomes pour une meilleure relance agricole. Car, en effet, « vendre creux n’a point d’oreilles ».

    2- Quel réajustement faudra-t-il opérer

    après une première saison culturale ratée ? Un adage luba du Katanga dit : « Si mukwenu wamuna mbuzi, nobe wazinga monzi » ; e qui se traduit littéralement par « Si ton prochain vient d’acheter une chèvre, aide-le avec la corde ». Ceci voudrait donc dire que les premiers pas posés par votre prochain méritent bien des encouragements par le concours de tous et de tout un chacun. En effet, la vision de l’autorité suprême de la nation sur la Reconstruction et la Modernisation de la R.D.Congo, ainsi que sa détermination à mécaniser l’agriculture en vue de l’autosubsistance alimentaire et de lutter efficacement contre la pauvreté méritent le concours de tous et de chaque citoyen congolais. A ce propos, il faudra saluer et encourager les efforts fournis par certaines autorités politico-administratives, tant provinciales que gouvernementales, qui octroient des véhicules frigorifiques pour l’acheminement en bonne et due forme de denrées alimentaires jusqu’en lieux de consommation ou de vente. Face au nouvel élan agricole dans notre pays, les Institutions ecclésiastico-religieuses doivent se sentir davantage interpellées et encouragées, en tant qu’ASBL œuvrant pour le bien-être de la population paysanne à travers diverses initiatives caritatives et projets de développement à l’instar de la Caritas-développement. Au regard de leur expérience et de leur vocation, il leur faut entrer dans la politique agricole en cours, afin d’éviter que le message divin qu’elles annoncent ne tombe dans les oreilles des personnes aux ventres creux. En effet, le Divin-Maître, Notre Seigneur-Jésus-Christ, enseignait les foules en quête de la Bonne nouvelle, mais les nourrissait aussi (Cfr Mt 14 :13 – 21). C’est cela donc le réajustement à opérer qui se fonde sur une vision commune de l’autosubsistance alimentaire dans cette lutte contre la pauvreté qui tenaille nos ouailles.

    Conclusion

    En définitive, il convient de retenir que l’unique octroi de tracteurs agricoles ne suffit nullement pour parler de la mécanisation agricole. Encore faudra-t-il savoir que celle-ci est une chaîne complexe allant des engins de préparation de terrains à ceux de la récolte, en passant par ceux du semis et d’entretien des cultures jusqu’à ceux de la conservation et de la transformation de produits de récoltes. Néanmoins, cet octroi d’engins agricoles, qui n’est qu’un maillon dans la chaîne, est déjà un pas dans l’allégement de lourds travaux agricoles, ainsi que dans la bonne et meilleure préparation de terrains de culture, en un temps record et à moindre effort physique culminant dans l’augmentation de la productivité du terrain. Il nous est tous demandé de bien pouvoir conjuguer tous nos efforts en vue de gagner le pari de la Reconstruction et de la Modernisation de la R.D.Congo, notre beau pays. Nous vaincrons la faim si nous avons en nos mains trois facteurs de production, à savoir la terre, le travail et le capital d’exploitation.

    Abbé Théodulphe MUSENGE – N’SENGA

    Faculté des sciences agronomiques/UNIKIN