LA PAGE RURALE

CINQ CHANTIERS : La preuve par les œuvres

Introduction

A part le fait que le tapage médiatique enrobé dans la propagande précède les réalisations concrètes, les « Cinq chantiers » sont une initiative louable pour le développement de la RD Congo. Même si on le juge trop ambitieux, ce programme, il faut l’avouer, répond tout de même aux attentes du peuple. Au Katanga, grâce notamment au savoir faire, au dynamisme et au pragmatisme du Gouverneur de province et de son gouvernement, des signes fort encourageants apparaissent graduellement. Ces efforts constituent un revirement spectaculaire dans le fonctionnement et la visibilité de l’Etat. Luapula-Moero en témoigne sans parti pris, mais avec objectivité. A sa manière, notre site du village préconise la preuve par les œuvres, la seule qui nous apparaît la plus convaincante.

Les bulldozers sont de retour

Engins du Crec à Malambwe Le souvenir le plus récent que la population du Katanga garde de la réhabilitation de routes publiques est celui des engins fatigués de l’Office des routes. La plupart de ces machines n’ont pu regagner les dépôts de cette société, mais restent clouées au bord de routes qu’ils ont échoué de réparer. Ces engins se sont donné une nouvelle vocation, celle d’être des pièces de musées d’en plein air. Pour participer au programme des cinq chantiers, le Gouvernement du Katanga a acquis des engins lourds pour la réhabilitation des routes. Un travail de titan a commencé à être réalisé pendant que la rétrocession des 40% est renvoyée aux calendes grecques. Avec l’appui des chinois, la route Lubumbashi-Kasumbalesa, vitrine du Katanga industriel, est entièrement réhabilitée. La voirie urbaine dans les grandes villes du Katanga connaît un début de réhabilitation. Certaines avenues dans ces villes subissent un revêtement et, à certains endroits, une réhabilitation totale. Six équipes de construction composées d’experts de l’Office des routes, disposant chacune de deux bennes, un chargeur, une niveleuse, un compacteur sont larguées à travers le Katanga pour réhabiliter les routes de desserte agricole.
Les chinois à l'oeuvre sur la route Lubumbashi-Kasomeno Chez-nous, alors que, sur financement de la Banque mondiale, l’entreprise Malta Forrest a mis trois ans pour réhabiliter 150 kilomètres entre Lubumbashi et Kasomeno, l’équipe du gouvernorat a retapé le tronçon Kasomeno-Kasenga, long de 76 kilomètres, en quelques mois. Des autobus assurent sereinement le transport entre Kasenga et Lubumbashi. Les bulldozers les plus spectaculaires sont ceux des chinois qui réhabilitent la route nationale numéro cinq, reliant le Katanga à la province orientale. Des chinois de l’entreprise CREC y sont à l’œuvre. Plus de trente kilomètres ont reçu une première couche de goudron. Des ponts et des caniveaux d’évacuation d’eau sont en construction, comme si les hommes de Forrest n’y ont rien fait. Les engins qu’ils utilisent sont impressionnants, tandis que leur assiduité au travail est une école pour nous. Des gamins passent parfois des heures entières à contempler ces chinois à l’oeuvre. Il faut aussi signaler que les Congolais qu’ils utilisent font preuve d’une assiduité au travail très remarquable ; de quoi faire voler en éclats l’image du Congolais « paresseux » et jouisseur.

Des écoles fleurissent

En dehors du secteur catholique où de nouvelles écoles naissent chaque année, on n’avait plus vu depuis des années l’Etat construire et équiper les nécoles. Le chantier de l’éducation est en marche. Ça et là on réhabilite les écoles, on fournit de bancs et de livres à celles qui en manquent, etc. La première année du primaire est dite gratuite. Enthousiasmés par ce geste du gouvernement du Katanga, que relayent les dons personnels du Gouverneur du Katanga, des milliers de bambins se bousculent dans nos écoles. Il existe des classes de quatre-vingts ou quatre-vingt-dix élèves! Les enseignants sont débordés. C’est l’euphorie du savoir.

Priorité santé

Comme partout ailleurs au Congo, le réseau sanitaire au Katanga souffre de plusieurs maux. Avec l’avènement des Cinq chantiers, pour la première fois depuis des décennies, des hôpitaux sont en réhabilitation ou en construction. Les dons de médicaments ou du matériel médical sont de plus en plus fréquents. Des ambulances ont été accordées à tous les hôpitaux de référence de la province. Les zones de santé commencent à revivre petit à petit. Le bloc opératoire de Kashobwe Dans certains cas, le Gouvernement provincial va jusqu’à payer les soins médicaux pour les plus démunis. Le Docteur Augustin Ndjoloko, ministre de tutelle, démontre sa compétence et met son expérience dans le domaine médical au service de la communauté katangaise. Les défi s à relever dans le domaine de la santé sont encore nombreux. Les infrastructures sanitaires qui nécessitent la réhabilitation sont légion. Les besoins en médicaments sont croissants. La rémunération du personnel doit être améliorée. La médecine préventive doit être prioritaire, tandis que la lutte contre le paludisme, la tuberculose, le VIH et le Sida doit être intensifiée. Toutefois, avec peu de moyens, mais beaucoup de bonne foi, le gouvernement provincial réalise des œuvres remarquables qui accroissent l’autorité de notre Etat.

Appels au retour à la terre et réglementation de la pêche

Un champ de haricot par irrigation Le chantier de l’agriculture est, lui aussi, dans ses débuts. Des appels pressants et insistants invitant au retour à la mère terre sont entendus. Alors que la crise financière a sévèrement touché le secteur minier, les espoirs du développement du Katanga par les minerais s’amenuisent. Le retour à la terre est désormais une priorité. Chaque entreprise minière a été invitée à se lancer dans l’agriculture. Le gouvernement provincial a doté chaque territoire de quelques tracteurs. Une conférence sur le Katanga après les mines a été organisée à Lubumbashi. C’est dire à quel point l’agriculture est au centre des préoccupations des autorités de la province. Il reste à savoir comment la population va emboiter le pas. Mais auparavant, le gouvernement doit penser à soutenir davantage les agriculteurs, en fournissant des semences ou, si possible, en subventionnant le secteur agricole. Dans le domaine de la pêche, l’on note des efforts pour la réglementation. Un gros poisson de la Luapula La période de fermeture (décembre à mars), décrétée depuis l’époque coloniale, est de plus en plus respectée dans beaucoup de cours d’eau. Les filets criminels et autres méthodes dévastatrices de pêche sont prohibés. Il y a un peu plus de suivi dans les activités de pêche, au point que dans la Luapula et le lac Moero, par exemple, les espèces de poissons jadis disparues refont leur apparition. Monsieur Juvénal Lugoma, ancien ministre de l’agriculture, s’est montré très dynamique dans ce secteur. Ses visites de travail chez-nous ont servi à réhabiliter l’autorité de l’Etat dans les domaines de la pêche et de l’agriculture.

Conclusion
Quoique les difficultés soient énormes, les chantiers des infrastructures routières, de l’éducation et de la santé sont désormais ouverts dans beaucoup de milieux au Katanga. Le chemin est, certes, encore long, mais « un voyage de mille kilomètres, diton, commence par un pas ». Les quelques réalisations signalées sont les fruits du dynamisme du gouvernement provincial et du génie de notre gouverneur. Le gouvernement central a intérêt à libérer les 40% de rétrocession pour que chaque province prouve de quoi elle est capable. C’est une question de justice et un enjeu constitutionnel.

La rédaction


Cultiver le palmier dans le Haut-Katanga

«Le juste poussera comme un palmier» (Ps 92,13)

Très présent dans la Bible, le palmier est une plante à mille merveilles. Quand toutes les conditions sont réunies, il pousse avec vigueur.
Atteignant la maturité, il se met entièrement au service de l’homme. Son huile est très nourrissante, vitaminée. Consommée avec modération, son vin est une boisson qui enrichit l’organisme humain. Ses branches donnent de nervures de balai et de l’ombre. Elles servent à couvrir les hangars et concourent à la construction de maisons. Elles ont une charge symbolique polyvalente. Elles annoncent la joie, tantôt le deuil, selon les circonstances.
Ses racines sont thérapeutiques. Son cœur est un condiment très prisé dans les grands restaurants. Lorsqu’elles sèchent et sont brulées, ses fleurs donnent du sel indigène.
Même mort, le palmier est toujours utile à l’homme. Il lui offre de champignons en début de saison des pluies. La liste n’est pas exhaustive.

En tant que site d’information rurale, Luapula-Moero propose aux autorités administratives et hommes d’affaire ainsi qu’aux hommes de bonne volonté d’introduire la culture du palmier dans le Haut-Katanga. En réalité, elle existe déjà par ci par là.
Le palmier pousse vite et bien. Il suffit de la protéger contre la mâchoire de chèvres et de moutons...

Les jeunes palmiers peuvent être obtenus en enfonçant les noix de palme dans le sol d’une pépinière. Il faut arroser régulièrement et soigneusement.
Au bout de quelques mois, ils poussent et on peut les transplanter en les alignant sur une distance de plus ou moins huit à dix mètres.
Il est conseillé de procéder à la transplantation de préférence au début de la saison des pluies. Toutefois, quand la pluie tarit, il faut arroser les jeunes palmiers.
Le palmier est une plante solidaire. Il supporte d’autres plantes dans son voisinage. Le plus important est de lui permettre d’absorber de l’eau et de l’énergie solaire, mais surtout de le protéger contre chèvres, moutons et feu. Contre ces deux premiers ennemis, il faut l’entourer d’une petite haie en bois ou en briques. Contre le feu, il faut sarcler son territoire pour éviter tout incendie.
Lorsque l’on prend ces précautions, le résultat est merveilleux. Contrairement à une certaine opinion, le palmier pousse bel et bien dans le Haut Katanga. De Sambwa à Kyona, en passant par Sapwe et Kashobwe, le palmier dévoile ses merveilles. Son huile est de loin meilleure que les huiles végétales qui nous viennent d’où on sait.
Nous lançons un appel pressant à toute la population de notre diocèse: «Cultivons le palmier!»