RARE COMME L’OR, LE DRAPEAU CONGOLAIS
Le défilé du cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo s’est déroulé, dans beaucoup de localités, sans drapeau national. Et pour cause, il est rare comme l’or. On en trouve un, par hasard, en lambeaux ou couvert de poussière, sale en tout cas, au siège du territoire ou devant un commissariat de police. Les villages reculés n’en ont pas. Par contre, ce sont les drapeaux du PPRD et de ses partis satellites de l’AMP qu’on trouve partout. Le patriotisme est en crise. Il est surplombé par les idéologies des partis politiques dominants.
Les festivités du cinquantenaire nous ont donné l’occasion de mesurer à quel point l’amour de la patrie, que symbolise notamment le drapeau national, est transformé en désamour. Le drapeau du Congo est, apparemment, hors vente. On ne sait le trouver ni dans les boutiques publiques, ni dans les magasins spécialisés. On ne sait même pas où l’acheter. On dirait qu’il est tenu secret par quelques mordus du pouvoir, confisqué pour on ne sait quelle raison. On aurait cru qu’il manque quelque chose à la fierté congolaise. Des kinois, ces amoureux de spectacles, ont affirmé n’avoir jamais vu autant de drapeaux du Congo que la veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance. Les habitants de Lubumbashi ont fait le même constat. Un village du Haut-Katanga a défilé, le 30 juin 2010, avec un drapeau congolais à six étoiles. Beaucoup de congolais ne savent même pas que celui-ci a été changé au profit de l’actuel qui, en réalité, est un ancien.
Les choses sont différentes ailleurs au monde. Aux Etats Unis d’Amérique, pour ne parler que de ce seul pays, le drapeau national est partout. Il flotte élégamment dans le ciel américain, sur les frontispices des immeubles publics comme sur les balcons des résidences privées, dans les écoles tout comme dans les parcs urbains. Le peuple américain le brandit avec fierté à chaque occasion. On l’adore presque. Il exalte le patriotisme américain et le sème à tout vent. Les stars américaines du sport et de la musique en sont les ambassadeurs attitrés.
Mais chez nous, le drapeau national est discret, effacé et par endroits introuvable. Pour l’avoir tristement constaté, un Emmanuel Kipolongo Mukambilwa, Administrateur délégué général de la RTNC de sont état, a engagé une bataille contre cette mise sous le boisseau, en même temps contre l’ignorance de l’hymne national. Faute d’oxygène, hélas, il s’est essoufflé trop tôt.
Il nous faut, franchement, un sursaut d’orgueil, de patriotisme, de fierté nationale. Le drapeau est un symbole important dans la vie d’un peuple. C’est un élément de notre identité nationale. Le nôtre n’est pas moindre que ceux d’ailleurs. Nous devons l’aimer autant que nous aimons notre pays, le brandir avec fierté, l’afficher partout. Qu’on le mette à la disposition de notre peuple. Qu’on nous le vende dans nos boutiques, dans nos magasins, dans nos écoles, dans nos villages, dans nos camps de pêche, etc. Il nous permettra, peut-être, de mieux résister un jour à la balkanisation, toujours menaçante, de notre pays.
La rédaction
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